1.10.1 - Fiche analyse Le Musée fantastique de la Bête du Gévaudan

 
Ce que nous en avons pensé : 

- Une scénographie qui fonctionne remarquablement au niveau émotionnel et esthétique

- Un travail remarquable et unique en son genre d’artistes locaux

- Cette réalisation stimule la curiosité et l’envie de découvrir le pays

- Les enjeux de l’époque et donc la portée sociale et politique de cette histoire sont bien mis en évidence

- Il manque une perspective sur le Gévaudan aujourd’hui

 

 
Le "plus" : 

- L’esprit des lieux, avec la beauté des décors et des mises en scène ; c’est un véritable voyage qui nous est proposé

- L’émotion qui se dégage stimule efficacement notre imaginaire et notre curiosité

- La qualité artistique de l’exposition et des ambiances qu’elle offre

 

mise à jour: 23/01/2009

 

Les 5 principes de l’interprétation

1. Exprimer et respecter l'esprit des lieux

2. Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

3. Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

4. Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

5. Utiliser des savoir faire

Exprimer et respecter l'esprit des lieux

  • Esprit des lieux :

- Le musée est situé dans un bâtiment chargé d’histoire, au cœur du village de Saugues qui fut un épicentre de l’histoire de la Bête

- Au long de l’expo, les décors et mises en scène restituent admirablement (pour un musée) l’atmosphère et les paysages du Gévaudan : ambiances d’hiver, paysages et villages dessinés, maquettes très réalistes…

  • Ancrage local :

- L’histoire est vraiment spécifique au Gévaudan

- Dans l’expo les lieux dessinés sont authentiques, de même que les personnages, les accents, les scènes de la vie locale

- Un livret que l’on peut acheter à la fin renvoie sur les différents sites où s’est jouée l’histoire : c’est aussi un prétexte à la découverte du patrimoine de la région.

  • Population locale :

- Le Musée a été réalisé en grande partie par des habitants de Saugues ou de la région

  • Respect du site :

- Les bénévoles qui ont participé à la création du musée faisaient partie de l’association Les Amis de la Tour des Anglais, qui a pour vocation la restauration du patrimoine local.

  • Esprit des lieux :

- Lorsqu’on sort du Musée, on aurait envie de faire une balade à pied pour « aller voir » sur le terrain : il manque une proposition de balade vraiment en lien avec le Musée, au départ de Saugues.

Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

  • Enjeux évoqués :

- L’histoire de la Bête telle qu’elle est racontée évoque bien les enjeux politiques et sociaux de l’époque, qui transparaissent en filigrane tout au long de cette « affaire » (nous sommes peu avant la Révolution Française) : on sent le fossé qui existe entre Versailles, le Roi, et les campagnes reculées, le fait que les habitants étaient littéralement sous tutelle alors qu’ils auraient voulu prendre en main leur destin, le rôle des religieux, les rapports entre noblesse et paysannerie, etc. L’histoire de la Bête du Gévaudan est une vraie chronique sociale des années 1764-67 ; on sent « bouillir  la marmite », et tout ceci est bien restitué dans l’expo à travers l’histoire des différents chasseurs qui ont tenté de tuer la bête (entre ceux du Roi notamment et les Chastel, gens du pays, emprisonnés pour avoir nargué les chasseurs du roi…).

  • Réflexions suscitées :

- La dernière séquence évoque les différentes hypothèses sur ce qu’était la Bête : habilement, elle n’amène que des questions, en présentant puis infirmant chaque hypothèse, et renvoie chacun à sa propre interprétation.

  • Approche évolutive :

- C’est la grosse lacune de ce Musée, aucune clé ne nous est donnée pour aborder le Gévaudan aujourd’hui : quelles traces a-t-il gardé de cette histoire ? quel lien peut-on faire avec le monde d’aujourd’hui ?

  • Enjeux évoqués :

- La relation homme / bête sauvage n’est pas développée (nos peurs de la nature…). Elle aurait pu se décliner avec l’apparition, cette dernière décennie, du loup en France…

Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

  • Liens avec le quotidien :

- Le cheminement dans l’expo renvoie à notre expérience de peurs nocturnes (cheminement dans l’obscurité).

- Les mises en scène traduisent bien les ambiances du quotidien de l’époque : scène dans une taverne, intérieurs paysans…

  • Participation du visiteur et approche sensorielle :

- On nous propose à voir, à entendre et à ressentir

- On participe au récit en se déplaçant dans les scènes. Le visiteur est en quelque sorte acteur de l’histoire en étant mobile

- Le cheminement dans le noir met nos sens en éveil.

  • Immersion :

- En sortant, on ressent ce manque de contact direct avec les lieux, le besoin d’aller sur les sites : on n’y est pas incité et c’est dommage ( N.B. : il faut acheter le livret pour y être explicitement invité).

  • Relations avec la population locale :

- De la même façon, on pourrait être plus incités à aller à la rencontre des locaux.

Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

  • Histoire racontée :

- L’histoire de la Bête est racontée d’une façon vivante et captivante, avec un guide : Pierre de Gabale, le colporteur. Le fait de déambuler dans le musée, de pièce en pièce, accentue les effets de surprise : on veut connaître la suite de l’histoire.

  • Emotion, approche poétique :

- Mises en scène artistiques et créatives : des décors extraordinaires, des personnages qui paraissent vivant, un bande son réalisée par des professionnels…

- Beaucoup d’émotion et de poésie (malgré le décor « froid »), une sensibilité qui émane de gens du pays…

  • Ambiances :

- On est plongé dans l’ambiance de l’époque, par le côté sombre et froid du cheminement.

- Le cheminement est guidé par le son et la lumière (lumière qui s’attenue et salle suivante qui s’éclaire…)

- La succession des scènes ménage à chaque fois un effet de surprise et des ambiances très réussies

  • Imaginaire, curiosité :

- Au final notre curiosité est vraiment mise en éveil : difficile, en sortant, de ne pas passer encore quelques minutes, voire quelques heures (c’est du vécu !), à discuter de la Bête du Gévaudan… elle hante nos esprits !!

- On ressort avec plein de questions plus que de réponses et on a envie d’en savoir plus.

  • Imaginaire, curiosité :

- Dommage que tout cet imaginaire ne soit pas repris dans le village (commerçant, décors de boutiques, de l’OT…)

Utiliser des savoir faire

  • Démarche collective, savoir faire locaux :

- Il s’agit d’une création collective par des passionnés, qui ont travaillé en partie bénévolement : formidable investissement des acteurs locaux

- La conception et la réalisation artistique ont été faites par Lucien Gires, artiste peintre et sculpteur de Saugues (hélas décédé) et sa fille Blandine Gires, décoratrice et photographe à Saugues ; les costumes par un atelier de couture du Puy-en-Velay

- Le fonctionnement et la gestion sont assurés par l’association locale Macbet (Musée – Activités Culturelles Bête du Gévaudan)

  • Professionnalisme, supports et médias :

- Qualité artistique des décors, des mises en scène, des personnages

- Professionnalisme de la bande son (les textes sont dits par des comédiens professionnels)

- On est ici sur une réalisation vraiment unique, et non sur des supports standardisés.

  • Technique d’interprétation :

- Récit avec fil conducteur cohérent d’un bout à l’autre

  • Compléments :

- Le livret optionnel renvoie sur de nombreux sites patrimoniaux à visiter

  • Evolutions :

- Peu de perspectives d’évolution au sein de la muséographie elle-même

  • Professionnalisme, supports et médias :

- La visite est assez rapide, rondement menée et laisse presque un peu sur sa faim (…de loup !) : c’est bien, en comparaison de tous ces sites où l’on est saturés d’infos, mais on peut se sentir un peu désemparé en sortant du Musée. Poursuivre par un parcours pédestre se révélerait vraiment complémentaire.

 

Contenus de l'interprétation

Message : 

L’histoire de la Bête du Gévaudan n’est pas une légende, c’est une histoire vraie...

Elle a marqué le Gévaudan jusqu’à aujourd’hui.
Le mystère reste entier : on ne saura jamais ce que c’était vraiment.
 
Au fil de cette histoire, on voit se battre tout un peuple de paysans, aux prises

- avec la Cour du Roi, sa distance et son mépris pour le peuple et les provinces lointaines (on a parfois l’impression que la bête féroce est la Cour du Roi !).

- avec les nobles et leur arrogance.

Thème: 

On pourrait le formuler comme ceci : « L’histoire de la Bête du Gévaudan est une histoire vraie qui confronta les paysans non seulement à une bête féroce mais aussi à l’arrogance des puissants ».

Fil conducteur: 

Le récit de Jean de Gabale, colporteur

Médias: 

- Scénographie : 20 scènes avec personnages sculptés et décors peints, son et lumière, voix off
- Livret souvenir qui contient des indications sur le patrimoine du pays

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