1.2.1 - Fiche analyse Enquête éclair Pailharès

Ce que nous en avons pensé

- Ce parcours d’interprétation a permis à certains habitants et aux élus locaux d’exprimer des traumatismes liés à l’incendie.

- L’interprétation a le mérite d’expliquer les différentes causes de l’ampleur du feu et de présenter des solutions en responsabilisant notamment le visiteur sur ses comportements.

- Une bonne immersion et progression par rapport aux évènements de l’été 2003 et surtout une mise en perspective par rapport à des enjeux locaux, nationaux et planétaire.

- Un titre évocateur bien choisi « Enquête éclair à Pailharès ».

- Une belle utilisation du Land’Art, appropriée au sujet.

 
 
Le "plus": 

- Des mises en scène artistiques, notamment autour de troncs calcinés, qui nous immergent dans l’émotion de l’événement

- La sobriété et clarté des messages et du thème central

- Les propositions de tests citoyens sur différentes problématiques qui nous concernent au quotidien

- La localisation du parcours et son cheminement en adéquation par rapport aux thèmes traités (anciennes terrasses de cultures, troncs calcinés et proximité du cœur du village…)

 

mise à jour: 23/01/2009

Les 5 principes de l’interprétation

1. Exprimer et respecter l'esprit des lieux

2. Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

3. Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

4. Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

5. Utiliser des savoir faire

Exprimer et respecter l'esprit des lieux

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  • Esprit des lieux :

- Le parcours part du village et serpente sur le flanc de la montagne qui a été balayé par ce terrible incendie : troncs calcinés… on est au cœur de cette histoire.

- La proximité des habitations (à la porte du village), nous fait ressentir toute la terreur qu’ont pu vivre les habitants.
 

  • Spécificité et ancrage local :

- On comprend mieux pourquoi le feu a été aussi dévastateur et pourquoi il a pu s’approcher aussi près des habitations : anciennes cultures et terrasses abandonnées → friches et reboisements en résineux hautement inflammables.

  • Population locale :

- Nombreux témoignages d’habitants retranscrits et récits à partir des articles de la presse locale.

  • Respect du site :

- Sur le terrain, pour une bonne intégration / au site, choix d’un mobilier de petite taille, créations artistique (land’art) et mises en scène à partir d’éléments naturels trouvés sur site (squelette calciné de cerisier…).

- Pas d’aménagements lourds, réhabilitation d’anciens cheminements entre les terrasses de culture.

  • Esprit des lieux :

- Hormis l’événement tragique de l’incendie, le site n’apporte pas une nouvelle compréhension ou une révélation par rapport aux spécificités du village de Pailharès.

Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

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  • Enjeux évoqués  et approche évolutive :

- A travers cette tragédie, des clés de lecture du paysage nous sont données. Elles nous permettent de mieux appréhender l’évolution du paysage qui s’opère dans cette partie de l’Ardèche (abandon des terrasses de culture, enrésinements…) depuis la déprise agricole qui sévit depuis plus d’un siècle. En fin de parcours, le visiteur est capable de définir les éléments qui font qu’un paysage est peu sensible au feu.

- Une approche transversale des enjeux est abordée, enjeux locaux et départementaux (filière bois et énergie, entretien de l’espace par l’agriculture), nationaux (la tempête) mais aussi planétaires (réchauffements climatiques). Fluidité entre ces enjeux et progression  enjeu local  enjeu plus planétaire.

- On comprend bien que c’est la fatalité qui est à l’origine du départ naturel du feu (la foudre), mais que ce sont des causes humaines qui sont à l’origine du développement catastrophique de l’incendie.

  • Responsabilisation des visiteurs – Réflexions et discussions :

- Au travers des rubriques participatives du livret, le visiteur est soumis des tests citoyens. Il répond à des questions sur des attitudes et comportements, plusieurs choix lui sont proposés. Ces questionnements responsabilisent le visiteur - citoyen (faire du feu en forêt, le débroussaillement autour de son habitation, attitude à suivre face un départ de feu, économie de chauffage).

- Un débat s’engage sur les causes locales de l’ampleur du feu et les solutions possibles pour que ce phénomène ne se reproduise plus jamais.

- Les messages sont clairs et précis sur des choses à faire ou à ne pas faire.

- On sent l’état de choc subit par les habitants et leur besoin d’exprimer ce ressenti, ce traumatisme. Un élan de solidarité naît en nous.

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  • Responsabilisation des visiteurs ; réflexions et discussions :

- L’approche sur les « causes du feu », avec la progression causes locales - nationales - planétaires, est peu développée dans la partie pour les enfants, les citoyens de demain.

Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

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  • Liens avec le quotidien :

- Des témoignages poignants par leur spontanéité (dame qui pense à son vieux sapin devant la maison, « attraper le chat et prendre des affaires d’hiver »…). Témoignages de « monsieur et madame tout le monde » : on peut s’identifier à ces personnes

- Les informations sur le déroulement de l’incendie sont accessibles dans la mesure où elles sont présentées sous la forme d’articles de journaux ; on vit la tragédie au jour le jour.

  • Immersion, contacts, interactivité :

- On traverse un verger calciné, des écorces noircies de vieux arbres… l’incendie a précédé nos pas.

- Deux niveaux de lecture et de questionnements sont proposés : un pour les adultes, un autre pour les enfants.

- Des bornes sur le paysage (bornes de visée) incitent le visiteur à rentrer dans ce paysage.

- Certains panneaux sont mis en scène sur des réalisations land’art. On est attiré par la curiosité de ces créations

- Le cheminement est court et varié, accessible en famille, on prend un peu de hauteur / au village.

  • Implication du visiteur :

- Les rubriques participatives test du livret font comprendre aux visiteurs que nous sommes tous concernés par le drame de Paihlarès.

  • Interactivité, implication des visiteurs :

- Le principe ludique n’est pas toujours très clair : on ne comprend pas bien qu’il y a des indices à recueillir sur le terrain et à quoi cela va servir.

- La partie enfant du livret est peu adaptée à ce type de public en terme de pédagogie, et pas assez ludique. Le sujet développé est souvent complexe dans son développement et abordé au travers de textes non illustrés dans le livret. On aurait pu guider les enfants par le biais de la BD, d’un jeu de piste…

Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

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  • Emotion :

- Les témoignages des habitants sont émouvants.

- L’énumération et la localisation des maisons brûlées donnent une idée de la gravité de cette catastrophe et du drame humain qu’elle a engendré.

  • Ambiances :

- Le décor naturel (traces de passage d’incendie) nous plonge dans les évènements de l’été 2003.

  • Moyens d’expressions :

- Alternance des moyens d’expressions. On navigue entre les panneaux, les créations land’art et le livret.

- La dernière station avec son panneau paysager interactif (volets à soulever) est une bonne synthèse par rapport à ce que l’on a découvert le long du parcours sur la sensibilité d’un paysage au feu.

  • Moyens d’expression :

- On ne voit pas de photos sur l’incendie lui-même, les flammes, ni de photos sur les personnes qui témoignent (ce qui permettrait de personnaliser encore plus ces témoignages).

- Les illustrations et le graphisme du livret sont basiques : beaucoup de texte, pas d’images et des fonds de pages peu évocateurs.

Utiliser des savoir faire

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  • Démarche collective, appropriation par les locaux :

- Témoignages d’habitants et d’acteurs locaux (témoignages aussi de deux maires de communes ardéchoises).

  • Méthodologie de l’interprétation:

- Thématique claire et développement plutôt sobre

- Un titre de parcours évocateur « Enquête Eclair à Pailharès »

- Mise en oeuvre de la méthodologie de l’interprétation (comité de pilotage, inventaire des ressources, thème…) pour la phase de conception en amont, impulsée par Catherine Cayre, qui était membre du groupe de travail local.

  • Professionnalisme:

- Démarche participative dans la construction du projet.

- Plusieurs niveaux de lecture (notamment dans le livret mais aussi sur le terrain).

  • Supports et Médias :

- Harmonie entre mobiliers de terrain le livret d’accompagnement.

- Différentes mises en scène.

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  • Démarche collective, appropriation locale :

- Le conseil municipal de la commune a changé, les nouveaux élus ne semblent pas aussi impliqués dans le projet

- 6 semaines après l’inauguration du parcours, des tronçons du parcours ne se voient plus (embroussaillement). Un entretien régulier serait nécessaire car la signalétique est parfois camouflée.

  • Supports et Médias :

- Les réalisations artistiques et certains supports de panneaux paraissent éphémères (fixation des supports…) : quelle durabilité dans le temps ?

  • Méthodologie :

- Juxtaposition de deux démarches : une partie interprétation (progression pour les adultes, sur le thème des causes de l’incendie) et une approche plus ludique pour les enfants (conçue par le prestataire, Ludonature), qui ne suit pas nécessairement la progression de la partie adulte. En résulte parfois un manque de clarté et une difficulté à suivre les deux en même temps…



Contenus de l'interprétation

Message: 

L’incendie de Pailharès n’est pas dû à la fatalité, mais la conséquence d’une somme de causes, aussi bien locales que lointaines, qui doivent nous faire réfléchir sur l’impact de nos actes pour le futur.
Cette histoire nous montre que les choix de société qui nous paraissent abstraits peuvent avoir un impact bien réel sur notre vie quotidienne.
L’incendie met en lumière notre désarroi devant l’atteinte à nos ressources vitales, et la nécessité de revenir à une gestion plus collective de ces ressources.
La vulnérabilité de nos territoires et paysages est l’affaire de tous…

Thème: 

Le thème central qui avait été identifié par le groupe était le suivant :
« Bien que déclenché par la foudre, l’incendie de Pailharès n’est pas dû à la fatalité ».

Fil conducteur: 

La présentation du scénario catastrophe, au jour le jour et sous la forme de coupures de journaux, constitue un fil conducteur narratif.

Médias: 

panneaux A3 mis en scène sur création artistiques diverses (land’art), trièdres et bornes de visée

 

 

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