1.9.1 - Fiche analyse Le Colporteur des Jasseries

 
Ce que nous en avons pensé: 

- Un parcours varié et intéressant sur le terrain, durant lequel on se sent « guidé » par le colporteur ;

- Le complément sentier + jasserie fonctionne très bien et en fait un produit de découverte complet et global ;

- La dynamique associative fait vivre le projet avec des animations tout au long de l’année (intéressant pour ceux qui se questionnent à la fois sur la gestion associative et sur l’aspect animation pour faire vivre un projet).

 

 
Le "plus" : 

- L’esprit des lieux, avec les belles ambiances du parcours et de la Jasserie.

- La convivialité dégagée par la Jasserie.

- Le travail remarquable de l’expo sur le lien passé – présent – futur et l’évolution de la vie sur un lieu.

 

mise à jour: 23/01/2009

Les 5 principes de l’interprétation

1. Exprimer et respecter l'esprit des lieux

2. Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

3. Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

4. Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

5. Utiliser des savoir faire

Exprimer et respecter l'esprit des lieux

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  • Esprit des lieux :

- Le parcours du sentier, qui s’étale sur presque 3 heures, permet une bonne immersion dans le site : on s’imprègne de l’ambiance
- Présence des anciennes jasseries sur le parcours ; encore une présence des troupeaux.
- La Jasserie du Coq Noir a su préserver l’esprit et l’ambiance des lieux en restant « authentique ».

  • Ancrage local :

- Le sujet est complètement ancré dans une histoire tout à fait spécifique au lieu : jasseries, gestion estivale de l’alpage par les femmes, dégustation de produits locaux…

  • Population locale :

- Expo « Femmes d’estive », basée sur les témoignages des habitantes d’aujourd’hui et vraiment personnalisée : chaque femme qui parle est en photo...

  • Respect du site :

- Les tables et balisages en lave émaillée passent bien
- Typicité de la Jasserie du Coq Noir et de ses abords : forte implication environnemental de l’association gestionnaire.

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  • Esprit des lieux :

- On peut facilement passer à côté de la Jasserie du Coq Noir (petite auberge) tant sa devanture est discrète.

Faire référence à des enjeux, provoquer la réflexion

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  • Enjeux évoqués :

- Remarquable travail sur les enjeux dans l’expo : on y évoque avec beaucoup de pertinence les enjeux liés à « vivre et travailler » aujourd’hui dans les Hautes Chaumes du Forez.
- Parallèle entre ce que l’on a vu sur le sentier (lié au passé) et ces témoignages d’aujourd’hui.
- Travail de l’association avec les producteurs locaux
- Au travers du sentier, on comprend mieux l’évolution des paysages et notamment leurs fermeture avec la déprise agricole.

  • Approche évolutive :

- Témoignages de femmes : on parcoure l’histoire de femmes ayant,  pour certaines, vécu l’estive d’autrefois et l’évolution jusqu’à aujourd’hui (métier et mode de vie).
- L’expo est axée sur « Inventer, continuer, s’adapter ».

  • Responsabilisation des visiteurs :

- Elle se fait essentiellement à travers la consommation de produits locaux.

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  • Evolution et enjeux :

- Sans la Jasserie du Coq Noir, le sentier seul offre une vision passéiste, sans références au présent.

Créer une relation avec les visiteurs, se mettre à leur portée

+
  • Liens avec le quotidien :

- Le sentier nous plonge dans la vie quotidienne des Hautes Chaumes autrefois : on imagine… A travers le ravitaillement fait par le colporteur et le contenu de sa hotte, l’expression des besoins quotidiens ; l’agencement de l’intérieur d’une jasserie est décrit, ainsi que les occupations des femmes.
- Tout ceci prend vie lorsqu’on pénètre dans la Jasserie du Coq Noir, où l’intérieur est resté tel quel (pas d’électricité, éclairage à la bougie, vieille cheminée, tables en bois, etc.).

  • Convivialité :

- Un point fort de la Jasserie du Coq Noir : s’attabler pour déguster les produits traditionnels, dans une atmosphère en même temps jeune et dynamique…

  • Relations avec la population locale :

- Possible au travers des nombreuses animations proposées par l’association ; renvoi sur les producteurs locaux .

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  • Se mettre à leur portée :

- Le sentier, de par sa longueur (3 heures aller) s’adresse plutôt à un public de randonneurs.

Faire vivre l'émotion, l'imaginaire, les questions

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  • Emotion, approche poétique :

- Qualité des textes, signés Guy Brun, sur les panneaux : sobres et souvent poétiques.
- Emotion au travers des témoignages de femmes.

  • Imaginaire :

- Les ruines des Jasseries revivent dans notre imaginaire. Au travers du cheminement du colporteur, on revit l’épopée de la vie dans ces alpages.

  • Ambiances :

- Dehors comme dedans, les ambiances sont fortes : on « vit » vraiment les choses, les paysages sont époustouflants ; ambiance forte lorsqu’on rentre dans la Jasserie après 2 heures de marche et qu’une collation à base de produits du terroir nous attend au coin du feu (avec une bonne averse juste avant, c’est encore plus fort : croyez-nous c’est du vécu… !).

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  • Emotion, imaginaire :

- L’histoire du colporteur aurait pu être encore plus développée, à travers un « récit ».
- Le lien entre la Jasserie du Coq Noir et le sentier n’est pas forcément évident et exploité.

Utiliser des savoir faire

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  • Démarche collective, appropriation par les locaux :

- Gestion de la Jasserie par une association locale d’animateurs environnement (BEATEP).
- Travail avec les producteurs locaux.
- L’exposition « Femmes d’estive » a conduit à établir un réseau de femmes, à créer et renforcer des liens entre des personnes et avec la montagne.

  • Professionnalisme, supports et médias :

- Intervention de professionnels : interprètes pour le sentier, muséographe pour l’expo Femmes d’estive,…
- Qualité des textes et des panneaux en lave émaillée : noter l’effort / textes courts et percutants ; l’iconographie est sympa et s’accorde bien avec l’ambiance.
- Bonne résistance au temps de la lave émaillée (plus de 10 ans).

  • Animations complémentaires :

- Nombreuses animations autour de la Jasserie du Coq Noir : culturelles et artistiques, éducation à l’environnement, balades contées…

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  • Démarche et appropriation :

- On ne sait pas ce qu’il reste aujourd’hui de ce réseau de femmes activé par l’expo…

  • Supports et médias :

- L’expo « Femmes d’estive » est peu valorisée dans la grange : manque d’éclairage, bruits de la salle en dessous, disposition peu soignée… C’est dommage, car pour nous, dans le contenu, elle un point clé de l’interprétation : c’est elle qui fait le lien avec le présent !
- L’expo en elle-même n’a rien d’original au niveau média ou mise en scène.
- Les tables en lave émaillée ont souffert : nombreuses fissures ; cela dit, elles tiennent le coup et sont encore lisibles (pour combien de temps ?...).
- Balisage un peu léger par endroit (peut-être manque-t-il des pictogrammes par endroit).

Contenus de l'interprétation

Message: 

Sur le Haut Forez, ce sont les femmes qui gardaient les vaches, fabriquaient la fourme et restaient 6 mois de l’année isolées sur la montagne. D’après les initiateurs du projet, c’est un cas unique en France.
L’estive des monts du Forez fut ainsi jusqu’au milieu du 19ème siècle le domaine réservé des femmes. Aujourd’hui cette caractéristique n’est plus d’actualité. C’est une pratique essentiellement masculine et familiale.
Une vingtaine de femmes vivent pourtant encore de la montagne ; certaines sont devenues chef d’exploitation, d’autres ont développé de nouvelles activités liées au tourisme…

Thème: 

On pourrait le formuler comme ceci : « Les Hautes Chaumes du Forez étaient une estive entièrement gérée par les femmes ; aujourd’hui encore elles gardent une relation privilégiée avec cet espace ».

Fil conducteur: 

- Sur le sentier : la tournée du colporteur
- Dans l’expo « Femmes d’estive » : le lien étroit et fort de la femme avec les pratiques pastorales en Haut Forez.

Médias: 

panneaux en lave émaillée + expo

 

 

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